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Maroc

bismillah...

These images were made 20 years ago in Morocco, as I lived and worked there. For sure I was a "legal alien" there but made the effort to learn the language, to learn the people and their culture. And I have a profound respect of them, their enormous joy of life despite the difficulties, their great sense of hospitality and open mind. These images are a kind of giving back what they gave to me.

There was this very rare evening. Zine invited us kindly to come and visit his family. They live as farmers in the large plain, near the border where it joins the middle Atlas mountains. Their two rooms houses are made of adobe. They took the wool carpets, used normally for sleeping, outside on the place where we drank tea, green tea with fresh mint: "The Drink" in Marocco. The tag "attaibelnana" is a free transcription of "The mint tea" in dialectal arabic. I got a special decoction of thyme as I had a cold.

Time of the great festival, with the sunset on the one side of the plain and at the same time on the other side, the full moon rising.

Il y aurait encore beaucoup d'autres chapitres à raconter aux petits enfants: la maison de Al Hoceima; l'unique oranger dans la ferme près de Mèknes; les marchandages que je n'ai pas su terminer tout seul et où quelqu'un m'a pris par la main pour me faire traverser les mondes, comme le sebsi à Jema el fna; mes sandales contre tes adidas; la traversée en solitaire du Rif de là-bas avec le vieux que j'ai pris en stop après Kétama; ain meski; le copain de fédé avec sa salle de bain au miroir sans tain; les filles à l'abri du mausolé de Moulay-Idriss; celle qui pleure au petit matin avec ses deux valises posées devant la porte; le métier à tisser; le match de rugby abd el krim contre al kindi; les asperges vertes de Oujda; les cristaux teints à l'encre du Tizi n'tichka; le carton de fromage à la poste; les zérophytes épineux en coussinet; le vieux avec la main entaillée à l'hôpital de Beni-Mellal; le frigo du souk où l'on entasse les lycéens grévistes; les arbres que l'on coupe et ceux que l'on replante; les amis de passage que l'on ne voit qu'une fois; la semoule de couscous au sucre et aux raisins secs à Midar; la maison de Cala Iris; les tajines à l'arrêt des taxis; le douanier qui regarde les photos de cascade en espérant y découvrir des secrets d'états; les yeux bleus atréides sous la djéllaba des vieux qui font la queue pour toucher leur retraite de soldats espagnols; l'attente; en laisser dans le plat pour ceux qui mangent après; ouladi sir klab.

Ces images sont pour Halima et Ahmed. Elles m'ont permis de les retrouver, de me retrouver. Et aussi pour tous les autres: Zouine, Zine et Libby, Michel et Amelia, Federico, Yahya et El Hadj, Francois et Anne-Marie, Nabil...